La mairie indifférente à l’environnement

La fin de l’année 2010 et le conseil municipal du 15 décembre ont fait, à travers deux sujets majeurs, la démonstration de l’attitude du maire et de la majorité face aux problématiques environnementales.

Le centre de traitement des déchets verts d’Issac pénalisera les quartiers Ouest

L’usine de traitement des déchets verts va ouvrir en 2011 à Issac (site de La Grande Jaugue). Cette implantation, voulue par le maire, va dégrader la situation des quartiers Ouest. En effet, cette ouverture à moins de 3 km du bourg d’Issac d’une plateforme de traitement des déchets verts, d’une capacité 4 fois supérieure à celle de Magudas (Touban), fait peser, sur tous les quartiers Ouest, en particulier du fait des vents d’Ouest dominants, un risque très élevé de nuisances olfactives. De plus, les 4 650 camions de fort tonnage (soit 9 300 passages) qui seront utilisés chaque année pour transporter les 75 000 tonnes de déchets verts (c’est-à-dire tous les déchets verts de la Cub ainsi que 25 000 tonnes venant du reste du département jusqu’à la plateforme de la Grande Jaugue en empruntant la voirie existante vont très fortement perturber la vie locale. De plus, cette concentration de tous les déchets verts de la Cub à Saint-Médard-en-Jalles est incohérente du point de vue environnemental, avec un très mauvais « bilan carbone » et de fortes nuisances. Il aurait fallu au contraire répartir la charge sur plusieurs petits centres de traitement répartis sur le territoire de la communauté urbaine.

La pollution des sources d’eau potable (site de la Gamarde)

Le 15 décembre, le conseil municipal avait à donner son avis au Préfet sur le renouvellement de l’autorisation d’exploiter la station-service du centre commercial Leclerc. Or, celle-ci est à l’origine de pollutions répétées du sol et des eaux. L’avant-dernière en date, celle de juin 2009, la plus importante de celles recensées, a concerné l’eau de la station de Gamarde – à partir de laquelle on alimente en eau potable 100 000 habitants de la Cub (Eysines, Le Bouscat, Caudéran, Mérignac, Bruges) – par de « l’ethyl tertio butyl ether », addditif de l’essence sans plomb. Cette pollution majeure a entrainé la fermeture du site de production de la Gamarde du 10 juin 2009 au 4 avril 2010. Cette station-essence se trouve à 700 m de la source de la Gamarde et le bureau d’études mandaté par la Cub et la Lyonnaise des eaux a mis en lumière une progression rapide du front de pollution au sein de la nappe phréatique vers l’usine de Gamarde, ce qui veut dire en clair qu’il y a un risque de pollution définitive du champ captant de la Gamarde.

Plus récemment, le 18 octobre 2010, du gazole a été observé dans le réseau d’eaux usées collectif. Bien d’autres incidents avaient eu lieu avant 2009. À ce jour, on peut donc objectivement constater que la protection de la ressource (la station de Gamarde) n’est toujours pas réalisée et que l’exploitant n’a pas pris les mesures nécessaires pour corriger de graves dysfonctionnements, dangereux et récurrents. Ces constatations sont aussi celles du vice-président de la Cub en charge de la gestion de l’eau, qui recommande (courrier du 26 novembre 2010) de ne pas renouveler l’autorisation d’exploiter de la station-service.

Contrairement au maire de Saint-Médard-en-Jalles, qui a donné un avis favorable comme si de rien n’était, nous avons émis un avis défavorable à l’autorisation d’exploitation de la station-essence jusqu’à sécurisation complète des sources, des sites et des procédures, et regretté que le maire ne soit pas le premier garant de la sécurité de ses concitoyens et de la préservation de leur santé.

Les élus du groupe : Jacques Mangon, Danièle Layrisse, Jean-Claude Acquaviva, Krista Badet, Pierre Braun, Séverine Fauconneau