Sud Ouest du 26/11/2011 : La CUB veut continuer d’investir
Évoqué en Conseil de CUB, hier, le budget 2012 vise à maintenir un rythme élevé d’investissement, malgré une conjoncture très incertaine.
«Je vous préviens, c’est du lourd. » Vincent Feltesse, le président de la CUB, avait trouvé la formule juste dès la conférence de presse du matin, pour définir le menu de la séance du Conseil de Communauté urbaine.
Du lourd, en effet, et du long : cinq bonnes heures de débat. Une séance fleuve qui s’est achevée sans le président Feltesse, appelé à d’autres obligations, ni son premier vice-président, Alain Juppé, attendu ailleurs lui aussi, comme une bonne partie de l’assemblée. Voici un bref résumé des principales délibérations.
1 Un budget de résistance pour 2012
Le grand argentier de la CUB, Ludovic Freygefond, a rappelé que la loi de Finances pour 2012 intervient dans « un environnement économique et financier instable et incertain ». Selon lui, tous les acteurs publics et privés « sont directement ou indirectement touchés par la crise ». Pas très réjouissant.
Le débat d’orientation budgétaire n’a pas donné lieu à de grandes envolées, mais Alain Anziani (PS, Mérignac) a insisté sur le fait que, si Matignon a lancé « une sorte d’appel républicain à réduire les déficits, ces déficits sont avant tout ceux de l’État. Les déficits des collectivités locales ne représentent que 1,2 % du déficit national ».
Lancée par le communiste Max Guichard, l’idée d’une conférence bancaire, pour exprimer la position des collectivités, fait son chemin. Pour l’an prochain, la CUB fait le pari de maintenir un rythme élevé d’investissement (424 M€) pour résister à la crise, mais avec un recours accru à l’emprunt (114 M€). En 2012, elle restera le 1er donneur d’ordres d’Aquitaine, toutes collectivités confondues.
2 Le réseau TBC est dans le dur
La CUB a voté le rapport d’activité du réseau TBC (bus et tramways) pour l’exercice 2010, qui traduit une position difficile pour le délégataire Keolis (fraude élevée, déficit en hausse, objectifs chiffrés non tenus…).
Plusieurs élus ont défendu Keolis. Christophe Duprat (UMP, Saint-Aubin-de-Médoc) rappelle qu’en 2010, le délégataire a « mis en place un nouveau réseau, lancé le VCub et repris Mobibus. Et en 2011, la fréquentation est en hausse de 5 %, les recettes de 10 % ». Pour Gérard Chausset (EELV, Mérignac), il faut être patient : « Entre 2009 et 2011, le réseau a gagné 20 millions de voyageurs supplémentaires. Nous allons faire 108 millions de voyageurs en 2011. En septembre, il y a eu 10 millions de voyageurs sur un mois, idem en octobre, ce qui ne s’était jamais produit. Keolis n’est pas parfait, mais il faut se souvenir d’où nous venons. En 2008, le réseau de la CUB était au niveau de celui de Laval. »
Ironie de Michel Olivier (PC, Pessac) : « Avec ces excellents résultats, je propose qu’on se penche sérieusement sur la mise en régie des transports. »
3 Utilité publique en vue pour la ligne D
Adoption de la déclaration de projet de construction de la quatrième ligne de tram, la D, entre les Quinconces et Eysines, via Fondaudège et Le Bouscat. Le préfet n’attend plus que cet acte pour prononcer la déclaration d’utilité publique (DUP). Ultime et vaine charge de Jacques Mangon (Modem, Saint-Médard-en-Jalles) pour qui la D « est une erreur adoptée après une concertation orientée. Toute la partie sud du quadrant nord-ouest sera lésée ».
4 L’opportunité d’une Zapa va être étudiée
Attention, la polémique risque de revenir : la CUB va participer à une étude sur l’opportunité de créer une ou plusieurs Zones d’action prioritaire pour l’air (Zapa). Ce dispositif nouveau peut entraîner des mesures très contraignantes pour les automobilistes, comme les péages urbains ou la pénalisation des moteurs les plus polluants.
Source : Sud Ouest du 26/11/2011
En attendant la fibre optique dans huit ans, la Ville envisage une couverture par radio.
La crise est là. C’est un fait. Elle contraint au réalisme, en tout cas à un minimum de réalisme, tous les acteurs de l’action publique.

