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Pollution de l’eau à Saint-Médard : une accumulation de négligences
Jacques Mangon, Conseiller municipal à Saint-Médard-en-Jalles, Conseiller à la CUB et Président d’Alternative 2014, dénonce la multiplication des laxismes et des problèmes graves affectant la gestion de la ressource en eau sur la commune de Saint-Médard-en-Jalles.

Il rappelle que depuis plus d’un an, les élus du groupe qu’il préside au Conseil municipal ont dénoncé l’accumulation des négligences et par conséquent des pollutions avérées portant sur l’eau produite à Saint-Médard-en-Jalles.
Ainsi, après les pollutions graves et répétées du site de la Gamarde (10% de l’eau produite sur la CUB) imputables à la station essence Leclerc restées sans correction significative depuis 2009 ;
Après le constat de la pollution au perchlorate d’ammonium de la source d’approvisionnement en eau potable de Caupian depuis 2008 ;
Le constat du comité de l’eau constitue la 3° alerte très sérieuse puisque cette pollution affecte désormais toute la ressource présente sur le territoire communal (Gamarde, Thil et Caupian soit 25% de la ressource).
Cette multiplication de graves problématiques sur la qualité de l’eau potable produite sur la commune trouve son explication :
- dans la relative passivité des autorités de tutelle (Etat et CUB) qui ont souvent tardé à répondre aux alertes du concessionnaire ou qui se sont montrées timorées face aux acteurs économiques concernés ;
- par le choix délibéré du Maire de Saint-Médard de s’en tenir avec constance à une politique de l’autruche sur ces questions et de ne pas assumer son rôle de défenseur de la population.
Jacques Mangon appelle à une ferme reprise en main de ces questions par l’Etat et par la CUB qui doivent, sans chercher à se défausser assumer leurs responsabilités, au premier rang desquelles figurent :
- la totale transparence sur ces questions ;
- le maintien en quarantaine de la ressource concernée ;
- et une enquête efficace et suivie de conséquences pour déterminer la réalité de la pollution, sa temporalité et le mesures à prendre pour l’éliminer.
Il rappelle enfin que ce laxisme s’est encore manifesté dans les procédures retenues en commun par la Mairie et l’Etat lors de la vente de la SNPE à SAFRAN.
Rien n’est en effet prévu pour faire assurer la dépollution des sols de la SNPE par l’exploitant, si à moyen ou long terme, une partie de ceux-ci devait revenir dans le giron des collectivités publiques. Or ces coûts sont énormes.
Intervention de Jacques Mangon sur le domaine du Bourdieu lors du Conseil de CUB du 8 juillet 2011
Monsieur le Président, mes chers collègues,
Il nous est proposé de lancer la concertation préalable à une procédure de révision simplifiée du PLU qui transformerait les 28 ha du domaine du Bourdieu à Saint-Médard-en-Jalles en zone urbanisable.
Concrètement, il s’agit bien aujourd’hui, du lancement de fait de l’urbanisation de ce vaste secteur dont la collectivité publique est en train de parachever l’acquisition.
Il ne s’agit pas d’un dossier banal, mais au contraire, à bien des égards d’un dossier emblématique pour Saint-Médard et pour la CUB.
Il n’est pas fréquent, en effet, d’avoir en milieu urbain à décider du sort d’un domaine de 28 hectares ouvrant directement sur la place principale d’une ville, dont une partie, la maison de Maître et les quelques hectares qui l’entourent bénéficient d’un classement à l’inventaire des sites
Il n’est pas non plus fréquent de pouvoir apercevoir en plein centre ville à 50 m de la Mairie et de la place principale, comme c’est le cas à Saint-Médard, au-delà des grilles du domaine du Bourdieu, passer des biches ou des cerfs.
Pour autant le projet qui justifie cette procédure de révision simplifiée ne prend pas en compte cette singularité et n’a aucun état d’âme.
C’est un projet d’urbanisation à l’ancienne, du siècle dernier. 28 hectares en centre ville, ça s’urbanise, il n’y a pas à discuter.
Et en effet, ce projet reprend peu ou prou les conclusions de « l’étude préalable à l’aménagement du centre-bourg »réalisée par l’AURBA en 2002.
Elle prévoyait déjà l’urbanisation de 18 ou 19 hectares avec la construction de 800 logements sous forme d’immeubles, d’une école et d’un réseau viaire.
L’étude laissait, sous forme de parc résiduel, l’espace immédiatement autour de la demeure, 9 des 28 hectares, c’est à dire l’espace classé cette zone étant évidemment là pour servir d’alibi et de paravent à l’opération immobilière de la Mairie.
L’étude pré-opérationnelle confiée au cabinet REVERT par la Cub en 2006 reprenait à peu de choses près ces mêmes principes en portant le nombre de logements au delà de 1000.
Evidemment le projet a été traduit dans la novlangue du politiquement correct 2011, c’est-à-dire en mettant éco en préfixe à tout et durable en suffixe à tout.
Ainsi l’écoquartier évoqué dans la délibération est évidemment une supercherie sémantique, le faux nez du béton.
De même pour « l’objectif du projet qui serait selon la délibération de « conserver à la nature tous ses droits en les valorisant ». Tous ses droits, tu parles ! à une centaine de milliers de m2 SHON près !
Pour nous l’urbanisation du domaine du Bourdieu relève du contresens urbanistique absolu.
En effet, Saint Médard est une ville immense, hélas connue pour dilapider à grande vitesse son patrimoine boisé, mais où l’urbanisation devrait logiquement se faire sur les nombreuses zones sans intérêt particulier en termes de patrimoine naturel ou d’agrément.
Au contraire, Le Bourdieu est un domaine exceptionnel par sa richesse faunistique et floristique, son étendue, la biodiversité qu’il entretient.
Le Bourdieu est un poumon vert indispensable au centre-ville, à conforter, à développer, à valoriser, un atout essentiel pour Saint-Médard, l’un des rares pas encore gâchés, autour duquel on peut créer une forme nouvelle, ambitieuse et qualitative de développement du centre ville.
Nous pensons que la modernité consiste au contraire à ne pas l’urbaniser et à consacrer la totalité de ces 28 hectares à un projet de parc écologique et d’agrément moderne et convivial
Son utilisation à des fins d’urbanisation, en particulier sous le prétexte des logements sociaux, n’est absolument pas nécessaire dans une ville de 8500 km2 ou 80 000 m2, hors Bourdieu, ont été prévus au PLU au titre de « servitudes de mixité sociale », c’est à dire d’emplacements réservés en grande partie à la construction de logements sociaux, en l’occurrence de l’ordre de 700 logements.
On l’aura compris : il s’agit bien d’un choix essentiel pour Saint-Médard, mais au delà du débat saint-Médardais, ce dossier est tout autant un débat pour la CUB :
- sur la place que l’on entend réserver à la nature dans le développement de l’agglomération
- sur la conception qu’on peut avoir du développement durable,
- sur le degré de priorité accordé à la qualité de vie dans la cité,
Je crois, mes chers collègues, que nous sommes en train de faire pour la nature la même erreur que nous avons faite sur d’autres secteurs en lui appliquant une politique de zonage, c’est-à-dire qu’on sanctuarise de grands espaces lointains comme par exemple le parc intercommunal des Jalles, pour nous dédouaner et justifier l’extirpation méthodique de la nature de notre vie quotidienne.
Que nous apportera dans 30 ans dans cette ville immense d’avoir fait disparaître le domaine du Bourdieu alors que les possibilités d’urbanisation ailleurs sont très importantes ?
Poser la question, c’est y répondre.
Monsieur le Président, je dirai pour conclure que ce dossier nous appelle à prendre conscience de nos responsabilités de long terme vis-à-vis du rapport que nous voulons maintenir ou pas entre homme et nature.
Il nous invite à nous souvenir qu’urbaniser ca n’est pas déboiser, bétonner et faire du chiffre comme le pratique la municipalité de Saint-Médard, c’est d’abord faire sens, faire lien et favoriser par une recherche exigeante de la qualité urbaine et paysagère l’épanouissement individuel du citoyen et la préservation de notre capital naturel commun.
Je voterai donc contre cette délibération
Intervention de Jacques Mangon Conseil de CUB – 3ème phase du Tramway
Intervention 3° phase du Tramway -Conseil de CUB du 6 Novembre 2009
Monsieur le Président, Monsieur le Vice-Président, Chers collègues,
Nous étions nombreux à espérer que la 3° phase du tramway soit pour notre établissement un succès aussi évident que ne l’avaient été les première et deuxième phases.
Le succès de celles-ci s’était d’abord construit sur le projet initial qui avait trois caractéristiques
- Son traçé était fondé sur des priorités objectives et équitables, donc peu contestables, donc consensuelles ;
- Il était ambitieux : 40 km en 13 ans ;
- Il était cohérent en termes de tracé, de dessertes et de programmation des travaux.
Le projet qui nous est soumis aujourd’hui répond t’il à ces mêmes critères de réussite et vous me pardonnerez de prendre souvent comme exemple le quadrant nord ouest?
1° ) Son tracé est il fondé sur des priorités objectives et équitables ?
La 3° phase, telle qu’elle était entendue et présentée depuis longtemps, devait être prioritairement organisée autour des territoires non pris en compte lors des 2 premières phases, en particulier le quadrant Nord-Ouest.
Or sur les 330 millions d’euros prévus pour la 3° phase d’ici à 2013, 90% sont consacrés à des extensions de lignes et seulement 10% soit 32 millions seront effectivement consacrés à la ligne D pour la réalisation d’1.6km !
Qui plus est, ces extensions concerneront des bouts de lignes peu desservis ou même parfois et dès 2013 des zones d’habitat aujourd’hui virtuelles qui bénéficieront à peine sorties de terre du tramway, tandis qu’en 2013, les 160 000 habitants du quadrant nord-ouest regarderont toujours la muraille des boulevards.
De même, à l’issue de cette période, certaines villes auront une desserte quasi complète de leur territoire, tandis que d’autres comme Saint-Médard-en-Jalles continueront à bénéficier des trajets d’1h30 pour aller à la fac ou d’un sur-usage contraint de l’automobile.
Bref, vous aurez compris Monsieur le Président que je ne discerne pas de priorités objectives et équitables, et d’ailleurs chacun le sait bien ici dans son for intérieur, dans ce qui nous est proposé aujourd’hui.
En fait de troisième phase, c’est au mieux une deuxième phase-bis qui complète les tracés de la deuxième phase en fonction des jeux d’influence et des poids politiques relatifs des uns et des autres, en ne prenant en compte que très secondairement les besoins objectifs de déplacement des populations.
2°) Deuxième critère : l’ambition.
Là encore on reste sur sa fin et on a, notamment depuis ces dernières semaines, l’impression très nette du déploiement d’un rideau de fumée avec ses M votés, ses M virtuels, ses idées, ses hypothèses, ses mises en débat au SDOMM pour tenter de faire oublier la réalité décevante de cette 2°phase-bis et panser les plaies des éconduits.
Tout ce travail du SDOMM, qui vise à prioriser et mettre en perspective, aurait été plus crédible s’il avait été réalisé avant la prise de décisions. Là il aurait eu tout son sens . C’est d’ailleurs ce qui s’était passé en 1995 avec la mise au point du SDDUC avant le choix des tracés.
Qui plus est, si l’on regarde le détail des décisions prises, en particulier la ligne D qui m’est chère, on ne peut que s’interroger.
Vous avez choisi le moins bon tracé en termes de desserte puisqu’il délaisse notamment les deux zones les plus peuplées du quadrant nord ouest ; SMJ, 30 000 habitants et Caudéran, 40 000 habitants, mais en plus vous n’avez pas cherché à trouver une solution de compromis.
Je rappelle que dans la 1° phase, on avait pas hésité à prévoir une fourche dès l’origine pour desservir sur la rive droite et Lormont et Cenon.
Ici rien de tel où vous faites le choix d’Eysines contre Saint-Médard pour simplifier alors que les deux dessertes sont justifiées.
3°) Troisième critère : la cohérence globale des tracés et des programmations.
On peine souvent à la trouver. Deux logiques sont très perceptibles : celle du troc bien sur et celle de la facilité de réalisation.
On a souvent l’impression que ce qui était peu utile ou pas immédiatement utile, mais facile à faire, a trouvé son financement tandis que ce qui était indispensable mais moins facile n’a pas trouvé son financement ou court après.
Pour reprendre l’exemple du quadrant nord-ouest, comment penser autrement quand on voit que Saint-Médard n’est pas desservi, même par une fourche, tandis que vous avez accordé au Maire de Saint-Médard sa lubie, le passage au dessus de la rocade pour atterrir à 8km du centre de Saint-Médard, au milieu de rien ; hochet de consolation qui vaut quand même près de 50 millions d’euros .
Ce manque de cohérence trouvera son illustration dans l’observation des programmations : livraison rapide des extensions non urgentes, livraison très éloignée des maillons qui auraient du faire sens ; par exemple 2020 pour Eysines cantinolles, SDOMM et promesses à 2025 pour les autres.
Ainsi Monsieur le Président, mes chers collègues, c’est un double sentiment qui m’habite au moment d’exprimer un vote sur ce sujet
- Tout d’abord un sentiment d’occasion ratée pour la CUB qui n’a pas su retrouver l’élan de 1995-97 pour définir le projet ambitieux et juste qui était nécessaire alors que pourtant l’investissement public dans les transports est certainement celui qui a le plus d’effet de levier sur les plans de l’amélioration de la vie concrète de nos concitoyens, de l’écologie et de l’efficacité économique.
- Un sentiment de tristesse pour la partie sud du quadrant nord-ouest et les habitants de Saint-Médard en particulier qui seront pour de longues années les dindons de la farce, parce que la cécité et l’inexplicable inaction de leur Maire a rendu inopérants les éléments objectifs et techniques qui plaidaient pourtant en leur faveur.
Dans ces conditions, M le Président, mes chers collègues, je ne cautionnerai pas ces choix et je voterai contre la déclinaison décevante et injuste que vous avez donnée à la 3° phase.


