La crise est là. C’est un fait. Elle contraint au réalisme, en tout cas à un minimum de réalisme, tous les acteurs de l’action publique.
Ainsi, il est vrai qu’on peut nourrir des craintes pour l’avenir sur les conditions du recours à l’emprunt des collectivités locales, si rien ne change.
Il est vrai aussi, et j’ai l’impression que vous avez mis un bémol cette année à votre sempiternelle présentation du gouvernement en affameur des collectivités, que l’Etat, celui d’aujourd’hui mais aussi celui de demain, quels qu’en soient les dirigeants, ne sera pas, ne sera plus ou ne sera pas longtemps celui qui assure des progressions de dotation aux collectivités locales de 2 ou 3 % par an.
Mais ce réalisme obligé a aussi d’autres traductions.
Ainsi par exemple, un des grands enseignements de votre Débat d’Orientations Budgétaires 2012 (DOB), c’est votre paragraphe sur les efforts de gestion qui portent leurs fruits, paragraphe qui ne manque pas de saveur pour qui connait l’histoire politique récente de Saint-Médard.
Qui écrit :
« Nous sommes particulièrement attentif à l’évolution de notre masse salariale qui comme vous le savez, est la principale de nos charges de fonctionnement. Nos efforts en la matière portent notamment sur des réorganisations de nos missions et sur l’examen au cas par cas de l’opportunité de remplacer les agents quittant la collectivité. Nous avons pu ainsi contenir l’évolution de nos dépenses de personnel. En 2010, rapportée au nombre d’habitant, nos charges salariales étaient de 619 euros par habitant contre 684 euros pour la moyenne des communes de strate démographique équivalente. » ?
Sans doute un affreux ultralibéral, un suppôt du capitalisme amoral, un ennemi affirmé de la fonction publique.
Et bien non, c’est le Maire socialiste de SMJ, page 6 de ses Orientations Budgétaires 2012.
Incontestablement, ce paragraphe ne manque pas de sel pour qui se souvient, des philippiques véhémentes qui nous étaient adressées à chaque débat budgétaire par le Maire et plusieurs de ses adjoints durant tout le mandat précédent chaque fois que nous demandions de maîtriser les dépenses de fonctionnement (qui filaient à l’époque entre +4 et +6 % par an) et de limiter la masse salariale au nécessaire.
Ainsi donc, vous glorifiez aujourd’hui la politique que vous dénonciez hier comme impossible, simplement parce que c’est nous qui la préconisions.
Oui Monsieur le Maire, on peut, exactement comme nous le sommes, ne pas être un ennemi de l’emploi public, au contraire même le défenseur de son utilité, mais le générer simplement quand il est nécessaire.
Donc Monsieur le Maire, nous prenons acte aujourd’hui de votre conversion au Sarkosysme le plus triomphant. Nous verrons si comme on le dit, les derniers convertis sont les plus zélés.
Pour le reste, ce que vous présentez comme vos choix, mérite quand même quelques commentaires, surtout au vu de ce que l’année 2011 a révélé sur votre gestion.
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