Jacques MANGON intervient sur le transfert partiel de la compétence culturelle à la CUB

Jacques MANGON, Conseiller à la CUB et Conseiller municipal de Saint Médard en Jalles, est  intervenu sur le transfert partiel de la compétence culturelle à la CUB lors du dernier conseil municipal de la commune le 8 février 2012.

« Lors du vote à la CUB, toutes ces délégations de compétences étaient présentées de manière groupée. C’était assez frustrant car le vote a été global et du coup positif alors que j’avais des appréciations très différentes sur les unes et l’autre.

Nous n’avons en effet pas de problème pour 3 des 4 transferts de compétences qui relèvent d’une logique assez évidente, d’efficacité, de gain de temps ou de niveau adéquat de compétence.Il s’agit des aires de grand passage, des fouilles archéologiques et des réseaux de chaleur.

C’est en revanche beaucoup moins évident pour ce qui concerne la culture qui amène de nombreuses interrogations

Pourquoi ?

Pourquoi transférer ?
La culture est certes un élément essentiel du vivre ensemble, où l’intervention de la puissance publique est essentielle.

Mais aujourd’hui, les initiatives culturelles, les grandes institutions, du fim d’histoire de Pessac au CAPC, en passant par Novart et Evento, sont nombreuses, les centres culturels des différentes villes de la CUB, depuis le Pin Galant jusqu’au Rocher de Palmer, sont actifs et ont des programmations intéressantes.

Bref, la culture est vivante sur tous les territoires de la Cub, pas du tout en jachère, pas du tout en attente d’un « Cultur Angel » ou d’un sauveur territorial.

Dans ces conditions, quels bénéfices  peut on attendre ?

La CUB n’arrive pas à assumer correctement et dans des délais raisonnables ses responsabilités obligatoires, celles qu’elle a déjà, faute de moyens suffisants.

Les exemples abondent et pour nous, saint-médardais, le plus criant est celui des transports où notre commune vit encore dans un triste et intolérable dénuement, sans disposer du tramway et en condamnant par exemple ses étudiants à des trajets de 1h30, voire 2h pour aller à la faculté.

La CUB ne dispose pas de service culturel. Elle devra embaucher, dégager un budget d’intervention  qui, vu l’ampleur des champs d’interventions et des critères retenus, ne pourra pas être que symbolique.

Est-ce que cette intervention mettra de l’ordre, si tant que ce puisse être un but souhaitable, limitera les concurrences stériles entre villes ?
On peut en douter car l’effet d’aubaine amènera chaque ville à vouloir maximiser les aides financières en provenance de la CUB, en mettant en avant l’impact extrêmement fort sur, par exemple le lien social, de toutes ses manifestations.

Comment ?

Si on lit bien le texte de la délibération, il est demandé de transférer sans transférer tout en transférant.

Exercice, vous en conviendrez,  difficile et peu convaincant.

La délibération exclut ainsi très clairement la participation de la CUB au fonctionnement ou à la gouvernance des institutions ou associations culturelles, du type Grand Théatre.

Si  le transfert est  vraiment nécessaire, il devrait  d’abord l’être pour les grands équipements, Grand Théatre, CAPC, etc…

Elle exclut également grâce à une formule alambiquée « programmation des territoires de la métropole » toute programmation communautaire.
Malgré ça, le champ d’intervention est très large :

- Les évènements métropolitains,
- Les manifestations communales : qui remplissent un rôle « important » pour le territoire.
- Les manifestations trans-communales
- L’évènement d’agglomération : qualifié de fédérateur, collectif, incarnant la « métropole des 5 sens.

Il s’agit, chacun en conviendra, de critères très vagues auxquelles s’ajoutent d’autres notions tout aussi vagues.

Le critère économique mais aussi l’amélioration attendue du lien social, la cohésion territoriale, l’image, l’attractivité, le rayonnement.

L’impression qui demeure au final est que ce transfert, non nécessaire au vu des réalités actuelles sur le territoire de la CUB, a été motivé en fait par la volonté politique d’avoir sous la signature CUB, pour être exact, sous la signature du Président de la CUB le fameux grand événement métropolitain.

L’impression qui domine c’est que la CUB, plus exactement le président de la CUB vit mal son statut de président d’établissement public intercommunal et qu’il veut finalement revêtir les habits symboliques de président d’une collectivité de plein exercice.
C’est finalement là qu’est le débat.

Ce qui se concevrait pour une collectivité-métropole -je ne dis pas que c’est ce que je souhaite- se conçoit mal dans les habits d’un EPCI et vient finalement prélever, pour la satisfaction d’une ambition politique, des ressources qui seraient plus utiles si elles étaient utilisées au profit de nos compétences fondamentales.

Nous voterons donc les 3 autres transferts mais nous abstiendrons sur le transfert de la compétence culture. »

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