Magazine de la ville de Saint-Médard-en-Jalles : mai 2011 – Tribune de l’opposition
Pollution des sols de la SNPE : l’intérêt de la commune oublié.
Le conseil municipal du 16 février a permis d’illustrer comment l’intérêt municipal à long terme de la commune pouvait être bradé. Le maire a en effet donné son accord à l’instauration par le préfet d’une « servitude d’utilité publique » sur les 435 hectares de terrains pollués de la SME (SNPE matériaux énergétiques).
Cette démarche vise à prendre en compte la pollution dans le cadre de la poursuite de l’exploitation industrielle du site. Elle restreint les usages possibles du sol, interdit l’usage de la nappe phréatique, instaure un suivi de la pollution, bref prévoit un certain nombre de mesures visant à protéger la population tout en permettant la poursuite de l’exploitation industrielle. Il s’agit donc à priori d’une démarche utile.
De même, il est prévu de poursuivre la dépollution des terrains, mais cette dépollution n’est cependant définie qu’avec
un niveau d’exigence adapté à l’usage industriel des sols. En revanche, elle ne prévoit pas ce qui se passerait en cas de changement d’usage du terrain puisqu’elle en laisse la charge de la dépollution aux initiateurs de ce changement. On ne peut qu’être surpris par le silence de la commune sur cet aspect.
En effet, selon qu’on retient comme norme de dépollution un usage industriel – comme aujourd’hui – ou d’habitation, les coûts de dépollution varient dans des proportions considérables. On parle de 100 millions d’euros dans la version sols adaptés à l’habitation. Or, qui peut exclure a priori, qu’à un horizon de 20, 30 ou 50 ans, tout ou partie de cette zone puisse devenir un secteur d’urbanisation classique ?
Si une telle situation devait advenir, il reviendrait aux initiateurs du changement, en clair la commune ou la communauté urbaine de Bordeaux, de payer le coût considérable de la dépollution des sols.
En minorant le coût de dépollution, cette « servitude d’utilité publique » rend service à la transaction SME Safran en simplifiant les négociations financières sur le coût de la dépollution, mais rend elle en l’état service aux générations futures de Saint-Médardais, voire à nous-mêmes ?
Nous aurions souhaité que le maire fasse prévaloir l’intérêt à long terme de la commune de Saint-Médard-en-Jalles, en
prévoyant, sur le principe du pollueur-payeur, que l’État et/ou la SNPE prennent en charge la dépollution si une partie des terrains devait être récupérée par la commune. Tel n’est pas le cas et c’est un risque pour la commune.
Les élus du groupe : Jacques Mangon, Danièle Layrisse, Jean-Claude Acquaviva, Krista Badet, Pierre Braun, Séverine Fauconneau


